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jeudi 15 décembre 2016

If you eat, you are involved in agriculture!



Oui, les machines et internet ne peuvent pas nous nourrir... dans le meilleur des cas, elles nous apprennent à chasser... les pokemons!

La place du consommateur dans notre société est majeure; l'agriculture, à la base de notre société (notre alimentation, nos vêtements, certains de nos carburants...) est corrélée aux choix des consommateurs. 

Chaque acte de consommation est un acte citoyen.



Si nous avons peur du nucléaire, choisissons une énergie renouvelable : Enercoop propose de l'énergie renouvelable. Arrêtons d'avoir peur et agissons!

Si nous avons peur de manger n'importe quoi, choisissons d'investir dans l'agriculture et dans notre nourriture.

Si nous avons peur de notre prochain, décidons de vivre avec bienveillance, c'est contagieux, et bénéfique pour la planète.


Alors, oui, nous vivons dans un monde (de machos) où la vérité fâche souvent (les machos)... mais, je pense qu'il faut lutter chaque jour (contre les machos), et aussi défendre nos convictions, dénoncer les failles du système (y compris en agriculture biologique), car nous devons chercher à améliorer notre "monde"...


Ce post est un peu hors sujet mais, parfois, c'est bien de prendre un peu de recul!

samedi 3 septembre 2016

Après quelques mois d'absence sur la toile...

Le temps passe vite, et je me rends compte que mon dernier post date du mois de mai 2016... 

L'été est passé, et il est passé trop vite!

Beaucoup de changements, beaucoup de projets qui sont en train de mûrir doucement mais surement dans ma tête. 

Que s'est-il passé? Des moissons, du tri (beaucoup de tri!), des essais, des semis, des surprises et aussi quelques échecs. 

Mes premières récoltes ont été vendues, d'autres sont encore en attente d'acheteurs. J'ai n'ai encore rien vendu en "bio" car la conversion se termine seulement. Vivement l'année prochaine pour vendre de jolies graines bio!

Cet été, j'ai pris le temps de regarder le temps qui passe, et c'est formidable! La nature ne prend jamais de vacances, elle ne procrastine jamais, et le métier d'agriculteur est génial : on demande à la nature de nous nourrir, et je suis convaincue que si on prend soin d'elle, elle nous donnera plein de bonnes choses!

Je vais maintenant passer un peu de temps à résumer mon travail estival dans les champs et publier quelques photos des réussites et des échecs!

samedi 26 mars 2016

Point de vue


Depuis mon installation, en mars 2015, je découvre l’agriculture et ses dessous, l’agriculture et ses points de vue, l’agriculture et ses agriculteurs-trices.

Et là, surprise ! Les agriculteurs ont tendance à défendre « leur » agriculture aux dépens d’autres agricultures. Les « conventionnels » n’aiment pas les « bio », les « bio » n’aiment pas les « conventionnels », les éleveurs n’aiment pas les céréaliers, et inversement, les petits n’aiment pas les gros, les agriculteurs français n’aiment pas les agriculteurs des autres pays… Bref, étant donné qu’il y a presque autant de « modèles » agricoles que d’agriculteurs, la critique est sans fin, et surtout inutile.

Toute cette énergie passée à critiquer les choix des autres est énorme. On la retrouve à tous les niveaux. Localement, elle s'exprime par un vote à bulletin secret au niveau d'un conseil municipal où normalement les décisions sont prises à main levée; globalement, elle s'exprime par des propos remettant en cause l'avenir du bio ou de l'agroécologie en France par exemple.

Et pourtant, nous pourrions tous défendre et promouvoir un beau métier : Nous nourrissons la planète. N’est-ce pas là la plus belle et indispensable des choses à faire ?

Je suis depuis quelques mois une agricultrice, en agriculture biologique, sur 140 hectares, en grandes cultures, et j’essaye de faire aussi de l’agroécologie.
Bref, j’essaye de trouver la voie qui me plait, j’ai créé mon modèle agricole.

Malgré tout, je suis aussi admirative de l’agriculture « paysanne » qui fait vivre aujourd’hui bon nombre de personnes à travers le monde, je suis admirative de ces très grandes exploitations canadiennes à la pointe de la technologie, je suis admirative des agriculteurs passionnés que j’ai croisés en France, des bios, et des pas bios, des petites exploitations, des grandes exploitations…

En fait, je crois que je suis admirative des agriculteurs passionnés par leur métier ! (Et peut-être des gens passionnés et travailleurs d’une manière générale… )

Est-ce si compliqué d’accepter que chacun de nous rêvions de vivre de notre modèle ? 

Ne sommes-nous pas devenus agriculteurs pour vivre de notre passion ?

Les agriculteurs auraient tout à gagner à défendre l’agriculture ensemble. A s’unir plutôt que s’opposer. Bien sûr chacun a un rêve. Personnellement, je rêve d’une planète propre ! Mais, je rêve d’abord d’une planète où les gens seraient libres et où chaque démocratie placerait le citoyen au centre des décisions.

Défendre l’agriculture ensemble ? Au sein d’un syndicat ? Pourquoi pas… mais… Je suis contre aller casser la MSA ou la DDT (Au final, c’est nous qui payons les dégâts, et l’image de violence renvoyée m’est insupportable), je suis contre les insultes au Président ou au ministre (Depuis quand insulter fait avancer les choses ???), je suis contre utiliser et torturer des ragondins pour manifester un quelconque mécontentement...

Bref, je ne suis pas contre le syndicalisme sur le principe, mais, je souhaiterais des actions syndicales dignes de représenter les patrons que nous sommes !

Alors, je vois un monde agricole où l’agriculteur reprendra les rênes de son secteur : 
  • Il ira aux AG de sa banque et posera les bonnes questions quant aux lignes directrices prises et il rappellera chaque année que le secteur agricole est le secteur fondateur de la banque; 
  • Il ira aux AG de sa coopérative et participera aux prises de décisions, il posera des questions et s’investira car c’est ça une coopérative ;
  • Il se présentera aux élections MSA et ira voter pour faire avancer les choses. 
  • Enfin, il bâtira des propositions pour tous les agriculteurs sans les opposer afin de faire avancer dans le bon sens le débat.


Rêvons d’un secteur agricole prospère, où chaque chef d’exploitation que nous sommes pourrait influer le cours des choses.


Et oui, impliquons-nous car chacun peut faire sa part…

lundi 16 novembre 2015

L'agriculteur, premier acteur de votre santé! Par le professeur Joyeux.


Le professeur Joyeux défend l'agriculture biologique!


Une de ces dernières lettres de 2014 montre son attachement à l'agriculture. 
Voici cette lettre : 




URGENCE ! L’agriculteur, premier acteur de votre santé

Il y a longtemps que je pense et affirme dans toutes mes conférences que l’agriculteur est le premier acteur de notre santé.
Le deuxième acteur, c’est chacun d’entre nous, si nous connaissons bien et gérons correctement notre patrimoine de santé.
C’est l’objectif de mes lettres hebdomadaires, très largement diffusées, dont j’ai les meilleurs retours.
Le troisième acteur est évidemment le médecin avec ses innombrables spécialités qui saucissonnent tellement le corps humain qu’il peut perdre la vision globale, celle des interactions entre les organes, les tissus, les cellules…
Malheureusement, les médecins sont surchargés de travail et en particulier de maladies nouvelles liées à de mauvaises habitudes alimentaires. Il y a urgence à réagir.
Nous sommes inondés de produits industriels poussés par des allégations nutritionnelles souvent fausses, responsables de perturbations immunitaires très sérieuses et en plus de gaspillages monstrueux.
Récemment j’observais une pub de café avec, en titre, « Faites le plein de vitamines », alors qu’il n’y en a pratiquement pas, sauf à des doses infinitésimales de B2, B3 et B5 qui ne représentent pas 1 % des AJR (apports journaliers recommandés).
Nous sommes en lien étroit avec la nature, avec l’environnement, et il ne se passe pas de semaine sans qu’on vérifie les méfaits d’une pollution grandissante, dans les villes et dans les campagnes.
J’ai déjà essayé de donner une grande conférence bénévolement au Salon de l’agriculture, mais je n’y suis pas encore arrivé. Pourtant je souhaite promouvoir une agriculture de grande qualité, biologique, biodynamique, bioholistique… et que l’agriculteur soit valorisé intellectuellement et financièrement pour son travail au service de la santé humaine et environnementale.
De plus en plus de jeunes en sont conscients. Nous devons les soutenir dans leur combat qui n’est autre que celui de la prévention santé.
Parce que l’agriculture saine est le maillon essentiel à la construction d’une bonne santé, j’ai donc choisi cette semaine de donner la parole à un paysan : Yves de Fromentel. Écoutez son histoire !
En convertissant l’ensemble de sa ferme en bio, en 2009, Yves de Fromentel savait que cela ne serait pas chose facile. En effet, les éleveurs de vaches laitières bio sont actuellement une espèce en voie de disparition. Il en reste seulement 3 en Ile-de-France, la collecte de lait bio est inexistante, les obligeant à transformer eux-mêmes leur lait pour le valoriser et cesser de vendre à perte aux industriels. Deux choixs’offrent à Yves : investir dans une fromagerie à la ferme avec vente directe, ou vendre l’élevage.
Dans sa démarche de sauvegarde, installer une fromagerie en faisant appel au soutien financier des citoyens et consommateurs lui est apparu comme la seule solution. Je vous invite à découvrir le projet de la Fromentellerie très bien expliqué en suivant ce lien.[1]


D’où venez-vous ?

Yves de Fromentel : Je suis issu d’une famille de 6 enfants et suis né sur la ferme familiale à Beaulieu (Pécy, Seine-et-Marne). Mon père était céréalier et éleveur. La ferme était alors en polyculture, polyélevage : les cultures et l’élevage étaient diversifiés. On y trouvait des vaches laitières, tenant compagnie aux cochons, mouton, poules, canards, etc… Mes parents transformaient les produits de la ferme et les vendaient dans les maisons de régime.
Puis en 1976 les choses ont changé… Mes parents ont basculé dans une agriculture plus productiviste, bien qu’elle soit toujours restée raisonnée. Nous avons agrandi la surface des terres cultivées, augmenté le nombre de vaches laitières, vendu les autres animaux. Évidemment, une production plus importante ne pouvait pas être transformée à la ferme. Toute la production laitière comme céréalière a été vendue à des industriels. Nous sommes entrés dans une course aux économies d’échelles : investir pour produire plus, produire plus pour investir, rembourser les emprunts. La quantité au détriment de la qualité. 
En 1993, je reprends l’exploitation, puis convertis la ferme en bio en 2009, me sentant responsable de la santé des consommateurs ! La conversion au bio s’est donc faite en conscience, malgré l’absence totale de débouchés bio pour mon lait. L’Ile-de-France, avec trois éleveurs de vaches laitières bio, ne produit pas assez de lait bio : aucune collecte bio. Mon lait est vendu à un fromager industriel qui me rachète le lait de qualité au prix du lait non bio.
Aujourd’hui, les prix du lait ont baissé et ne permettent plus à un éleveur de vivre de son travail. En perdant 10 centimes par litre de lait, cela ne peut continuer éternellement. La difficulté est de s’extraire de cet engrenage. Je suis actuellement acculé financièrement. Pour m’en sortir, une solution : la transformation. Revenir à un système de production plus petit, avec une production de qualité, valorisée par la transformation sur la ferme et la vente directe de proximité.

Pourquoi ne pas vendre l’élevage et vivre de la céréaliculture, tout simplement ?

J’ai converti la ferme en bio car j’avais gardé l’élevage, tout comme mon père que je remercie.
En effet, l’agriculture doit pour moi remplir 3 fonctions :
·         nourrir les gens sainement et leur permettre de rester en bonne santé,
·         maintenir un paysage et une biodiversité,
·         créer de l’emploi rural pour les jeunes attirés de plus en plus par la nature et son respect.
Cela est impossible sans élevage. Lorsqu’on a des vaches, on garde des prairies dans lesquelles on va laisser une source, un bosquet qui serviront aux bêtes pour s’abreuver et faire de l’ombre. On conserve ainsi un paysage. L’élevage laitier demande de la main d’œuvre. On favorise et recrée ainsi de l’emploi rural dans nos villages.



Enfin, l’élevage permet la production de fumier indispensable à une agriculture biologique de qualité. Pourquoi ?

Un herbivore ruminant, bien nourri, présente dans sa panse des millions de variétés et d’espèces différentes de bactéries, qui se retrouvent dans le fumier. Chacune de ces bactéries a son rôle à jouer. Elles sont spécialisées : l’une permettra de solubiliser le fer, l’autre le cuivre, le manganèse, le magnésium, le bore, le soufre, la potasse, etc… qui sont autant d’éléments indispensables à la construction des différentes fonctions de la plante : sa croissance mais aussi son immunité. Car la plante, comme l’homme, a un système de défense immunitaire très bien organisé pour donner le meilleur d’elle même.
D’où l’importance d’un fumier de qualité.

La qualité n’est-elle pas une notion subjective ?

J’ai suivi la formation de l’IRABE (Institut de Recherche en Agriculture Biologique pour l’Europe).
L’IRABE est un organisme de recherche qui a mis au point des méthodes qui permettent d’obtenir une production de haute qualité biologique, indispensable pour maintenir ou restaurer la santé des consommateurs.
La qualité biologique des produits est une notion objective. Cette qualité se définit par 3 principaux critères :
1.    une valeur nutritionnelle mesurable
L’IRABE obtient sur sa ferme des fruits avec une teneur en vitamines C et en glucides 2 ou 3 fois supérieure aux références internationales.

2.    une capacité exceptionnelle de conservation
Un fruit qui pourrit est un fruit carencé, déséquilibré. Un fruit de qualité ne doit pas pourrir.

3.    une très grande qualité organoleptique
Un fruit de qualité est particulièrement savoureux et parfumé.

Ces trois composantes sont liées et interdépendantes. Cela résulte de la composition du fruit, en fonction de la méthode de culture.
L’IRABE a mis au point une méthode de culture qualifiée de « bioholistique » en raison de son approche globale.
Cette méthode lui permet d’obtenir des résultats exceptionnels depuis 20 ans sur la ferme expérimentale de l’IRABE à Carpentras, dans le Vaucluse.
La présidente de l’IRABE, Dominique Florian, se consacre aujourd’hui à faire connaitre cette méthode par des conférences, des publications et des formations auprès des agriculteurs et des jardiniers.
L’objectif est de démontrer que l’obtention de ces résultats exceptionnels est reproductible où que ce soit. Il suffit d’appliquer cette méthode bioholistique, parce qu’elle constitue une approche globale.
C’est pourquoi l’IRABE a créé un groupe de fermes pilotes pour prouver la reproductibilité de cette méthode dans une dizaine de fermes en France, dont la mienne. Ce projet est soutenu par la Fondation de France.
Le fumier d’herbivore, sa production et « l’élevage » de ce fumier constituent un des fondements de la méthode de l’IRABE.
Or, l’utilisation de ce fumier suppose de sauver les élevages laitiers bio aujourd’hui en voie de disparition en France. C’est pourquoi l’IRABE a décidé de lancer une pétition pour sauver l’élevage.
Vous pouvez lire cette pétition sur le site web de l’IRABE.

Mais quel est le lien avec votre projet ?

Je voudrais mettre en place cette qualité sur la ferme car elle est pour moi gage de bonne santé. Mon métier est de nourrir sainement les gens en leur permettant de rester en bonne santé !
Vous avez compris que pour cela le fumier d’herbivore, et donc l’élevage, est indispensable. Je voudrais arriver à terme à retrouver une diversité d’élevage sur la ferme. J’aimerais également pouvoir choisir une race de vache rustique, valorisant mieux l’alimentation bio (fourrages, prairie) et produisant du lait et du fumier de qualité. La vache Jersiaise est une petite vache dont le lait est très riche et de grande qualité. Mais avant, il est nécessaire de retrouver un équilibre financier et donc de valoriser les produits de l’élevage à leur juste valeur.
Ma seule solution dans la situation actuelle est de transformer moi-même le lait afin de gagner en valeur ajoutée, et de commercialiser en vente directe de proximité afin d’éliminer les intermédiaires.
Le projet est de créer un petit atelier de transformation fromagère sur la ferme : la Fromentellerie, dont l’activité commencerait en avril. Nous voudrions produire du fromage (tomme pour commencer), fromage frais, fromage blanc, beurre, crème, lait cru conditionné. La Fromentellerie rachètera sa matière première, le lait, au prix de 75 centimes le litre.
Le but de La Fromentellerie est de soutenir l’élevage de la ferme, d’arrêter l’hémorragie financière causée par la vente à perte du lait. Ce projet est également indispensable pour ma famille. Mes deux enfants sont intéressés pour reprendre et diversifier l’activité sur la ferme et font des études en ce sens. Perdurer et remonter la barre pour leur permettre de reprendre la ferme en bonne santé est pour moi indispensable.
Non soutenu par les banques et par la région du fait de la situation financière difficile, je me suis tourné vers le financement participatif : investissement solidaire via les Cigales (Clubs d’Investisseurs Solidaires) et Garrigue (Société de capital Risque Solidaire) en qui nous avons non seulement trouvé un soutien financier mais aussi un épaulement humain.
En complément, je me tourne vers vous tous : nous avons lancé un projet de financement participatif ou crowdfunding sur la plateforme internet de My Major Company. Le projet s’appelle « Une fromagerie pour Beaulieu ». Il s’agit d’un système de dons avec contreparties en nature que je vous invite à découvrir sur la page, jusqu’au 1er janvier 2015.
Sur cette page, le projet est repris et permet de mieux en connaître les porteurs, notamment à travers une vidéo.

Serait-ce l’avenir de la paysannerie française, et je dirais même européenne ?

La Fromentellerie rentre dans un projet global de restructuration de la ferme allant dans le sens du retour à la paysannerie : moins de quantité pour plus de qualité.
Une règle de conduite qui ne soit pas aliénée au remboursement des emprunts ou aux subventions, mais par la volonté de l’agriculteur de répondre à sa fonction : nourrir sainement les gens. Sortir de la course aux économies d’échelles n’est pas chose facile lorsqu’on est pris dans l’engrenage. Je voudrais montrer que la chose est possible, que le jeu en vaut la chandelle. Notre réussite peut en encourager d’autres à sauter le pas. Notre action locale peut avoir une répercussion plus importante. Mais nous faisons, comme le dit Pierre Rabhi, la part du colibri.
L’agriculteur est le premier acteur de la santé des consommateurs. Vous avez un rôle à jouer ne serait-ce que par le choix de consommation que vous faites. L’achat revêt alors une signification forte. Le mode de consommation peut faire évoluer le mode de production. Aidez-moi à redevenir un paysan !
Nous comptons sur vous, et vous attendons de pied ferme pour vous faire découvrir les merveilles de la ferme !
Yves de Fromentel
Vous avez compris. L’avenir de l’agriculture française est en marche. Elle ne dépend pas des grands groupes internationaux qui étranglent les agriculteurs, les obligeant à vivre dans l’endettement et le stress permanent sous la dépendance des banques.
C’est aussi la santé des consommateurs que nous sommes tous qui est en jeu.
La symbiose entre agriculture et santé apparaît de plus en plus évidente.
Vous tous, de l’Ile-de-France et des départements limitrophes, allez voir et soutenez la Ferme de Beaulieu qui est à votre service pour votre santé.

Professeur Henri Joyeux


Cet article est un copier-coller, mais, c'est bien parfois de partager des informations ou des points de vue...

lundi 2 novembre 2015

Demain le film...

L'équipe... extrait du site internet "Demain le film"

Ce film est magnifique.

Tout a démarré par la rencontre de Cyril (qui a dirigé Colibris, une ONG fondée avec entre-autre Pierre Rabhi) et Mélanie Laurent. 
Ensuite, est venue la recherche du financement sur kisskissbankbank. (Bon... je fais un résumé très rapide!!). 10 266 KissBankers ont répondu, et 444 390€ ont été collectés.
Et je suis vraiment très fière d'avoir participé à ce financement.
Ce film est extraordinaire.
Avec ma participation, j'ai pu assister à une projection en juin du film. A ce moment là, il ne s'agissait pas encore de la version définitive, mais, du prémontage.

Ce film montre que les solutions existent...

Des actions individuelles :
Nos actions en tant de "consommateurs" : choix de notre alimentation; choix des commerçants, choix des fournisseurs d'accès... Chacune de nos actions a des conséquences. 
Chaque jour, on choisit de soutenir un type d'industrie, d'agriculture ou un autre. 
Chaque jour, on peut changer les choses!

Des actions collectives : 
Créer une coopérative de producteurs d'énergie renouvelable. L'exemple du film en Europe du Nord est édifiant! Changer notre système éducatif! Ne pas simplement voter pour nos élus, mais participer à la démocratie et les alerter régulièrement!
On peut s'engager collectivement pour faire avancer certains projets plus vite que d'autres... Kisskissbankbank est un exemple!

Des actions politiques : 
Favoriser l'agriculture biologique car c'est la clé du système de santé, la base de notre économie, et le moyen de préserver nos ressources comme l'eau!
Arrêter d'encourager les industries polluantes.
Défendre notre démocratie. 

Il faut arrêter d'accepter des instances qui sont désignées ou non pas élues. 
Il faut élire des personnes courageuses... Ne pensez-vous pas après le scandale Volkswagen que si notre gouvernement, et les autres avaient interdit la vente de nouvelles voitures de cette marque jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée... le solution aurait déjà été trouvée??
Cette partie en italique n'est pas dans le film... je m'emporte un peu!

Voilà la bande annonce : 


Alors, si vous souhaitez offrir un cadeau extraordinaire pour les fêtes de fin d'année, offrez des places de cinéma pour aller voir ce film car ce film va vous donner des ailes, il va vous donner les clés pour sauver le monde, et transmettre un monde meilleur!


mercredi 19 août 2015

Biodiversité du sous-sol

Un petit article très court aujourd'hui...

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1117403#

Une très belle émission sur les vers de terre!
Celà m'encourage à chercher à ne pas trop travailler le sol pour préserver une biodiversité invisible mais indispensable pour notre planète!

mardi 19 mai 2015

Agriculture et gestion de l'eau, conférence de Konrad SCHREIBER

Une autre conférence débat... autour de la gestion de l'eau.

Pour la petite histoire, c'est suite à une conférence de Konrad SCHREIBER que j'ai décidé de devenir agricultrice. Il m'a permis de découvrir une agriculture différente de celle que je connaissais; une agriculture formidable!

Qui est Konrad SCHREIBER? C'est un agronome, actuellement chef de projet à l'IAD (Institut de l'agriculture durable).

Quelle est sa vision de l'agriculture? La nature est le modèle de durabilité de l'agriculture rentable. 
La foret est autonome... elle devrait être un modèle!

La problématique de cette conférence était l'eau : l'eau pour l'agriculteur, l'eau pour la société.

Selon Konrad SCHREIBER, un sol ne doit jamais être nu. Il doit en permanence être couvert par des végétaux. Un sol nu se meurt. Un sol couvert vit et produit. Par cette couverture végétale, nous utilisons la seule ressource renouvelable à notre disposition, le soleil, pour nous permettre de manger, de produire de l'énergie.

Par conséquent, la couverture végétale va permettre, soit de récolter pour nous nourrir directement ou indirectement, soit de récolter afin de produire de l'énergie, soit de laisser la couverture au sol pour le nourrir "lui".

Sa vision est que la maîtrise par l'agriculteur de la couverture végétale va permettre d'améliorer les rendements en améliorant la fertilité des sols, en limitant les besoins en eau (irrigation) car la couverture limite l’assèchement des sols...
C'est une sorte de cercle vertueux de la productivité agricole.

Sa vision du bio?
Elle sera l'agriculture de demain. Pour plusieurs raisons, mais principalement pour la gestion de l'eau potable. Bien sûr l'agriculteur n'est pas le seul pollueur de l'eau (certaines industries y participent fortement; le consommateur aussi dans ses choix d'alimentation, de produits ménagers...); mais l'impact d'une agriculture intensive non bio a un impact direct sur l'eau que l'on doit rendre potable avant de la diffuser dans les réseaux...; et donc, elle a un impact sur le prix de l'eau. Cet enjeu est donc un enjeu de société.



Pour aller plus loin :
http://www.tedxlarochelle.com/edition-2014/konrad-schreiber/
http://www.agridurable.fr/fr/bonnes-pratiques-de-lagriculture-durable


mardi 12 mai 2015

Culture et agriculture pour demain - Retour sur la conférence de Marc DUFUMIER, avril 2015

C'est avec un peu de retard que je reviens sur la conférence débat du 8 avril 2015 concernant l'avenir de l'agriculture.

Marc DUFUMIER est un "grand" (par la taille et par ses compétences) agronome français, de sensibilité écologique. Ces recherches et ses écrits se sont orientés essentiellement vers le développement agricole des pays du sud.

Sa présentation passionnante m'a replongée dans mes années universitaires où pendant des heures entières les théories dites classiques nous étaient expliquées. 

Marc DUFUMIER a parlé d'économie mondialisée

De la main invisible d'Adam Smith qui régule les marchés à la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, nous retrouvons aujourd'hui les fondements de notre économie mondialisée, et les fondements des décisions prises par le FMI pour réguler (ou pas!!) les marchés mondiaux.

Aujourd'hui, nous vivons dans ce monde là. Et il faut bien reconnaître que finalement, heureusement que nous sommes en France, sinon, nous aurions peut-être un peu plus faim...

Car la problématique soulevée par Marc DUFUMIER est que ce système ne permet pas à tous de se nourrir correctement, par conséquent, ce système ne peut pas durer...
(Bien sûr, je résume très brièvement sa pensée!!)

Marc DUFUMIER souhaite que les paysans du monde entier puisse se nourrir, et nourrir l'ensemble de la planète. La théorie des avantages comparatifs de Ricardo est dangereuse dans son application à l’échelle mondiale. 
Comment vendre au même prix un kilo de riz qui aura demandé quelques minutes de travail en France contre plusieurs heures dans les rizières au Vietnam? 
Combien d'heures de travail pour, en échange de ce riz vendu, recevoir de quoi vivre normalement et répondre aux besoins primaires de tout un chacun?
La gestion mondiale des cours des céréales génère une très grande pauvreté chez les paysans dits "du sud", ceux là même qui travaillent chaque jour pour nous donner de quoi manger...


Bref, cette formidable conférence remet les choses à sa place et montre clairement les limites de notre système actuel. Il place également le consommateur face à ces responsabilités lorsqu'il achète de quoi se nourrir.

Marc DUFUMIER a aussi parlé du bio. 

Et si les cantines ne proposaient que du bio local? 
Ne serait se pas là le début du changement? 
Savez-vous que les pesticides peuvent priver les enfants, qui entre leur vie in utero et la fin de l'adolescence consomment des fruits et des légumes traités, de 10 ans de vie en bonne santé ? Savez-vous que nos séniors actuels sont probablement ceux qui vivront le plus longtemps en bonne santé?
Proposer du bio, c'est soutenir une certaine agriculture, plus propre, et finalement moins chère pour notre société (Moins de problème de pollution de l'eau, moins de maladie...). Proposer du bio local c'est aussi soutenir un modèle économique qui n'exploite pas certains paysans du monde, et qui au contraire permettre à chacun de manger à sa faim.
Et si, en posant les chiffres on s'apercevait que subventionner le bio était rentable? L'eau du robinet couterait moins chère, les comptes de la sécurité sociale seraient moins dans le rouge!...

Marc DUFUMIER parle aussi des sols.

L'érosion générée par nos pratiques culturales (labour profond...), l'industrialisation de l'agriculture conduit à une diminution des rendements. 
Les terres sont moins fertiles qu'il y a 50 ans. 
Bien sûr, on compense avec de l'engrais chimique. 
Mais cet engrais... qu'est ce que c'est? Un dérivé du gaz russe importé... donc, une ressource non renouvelable; qui aura probablement disparu dans 20 ou 30 ans.
On a choisi des variétés de céréales plus performantes. 
Mais, n'est ce pas fait au détriment de la biodiversité? Et surtout dans une démarche d'homogénéisation des cultures et donc des saveurs proposés ensuite au consommateur?
Est cela que nous souhaitons transmettre à nos enfants?
Des terres non fertiles, des goûts standardisés?
(on voit par exemple que la recherche systématique d'un haut niveau de gluten dans le blé génère aujourd'hui des intolérances et donc des frais de santé...)

Bref... il est peut être temps de faire une révolution verte dans notre monde paysan...